Walt frazier, le fashionista improbable desfranche ses codes à madison square garden
Alors que les fans se blottissent devant l’écran pour le dernier match des Finals NBA, un détail attire l’attention : un gentleman d’un âge respectable, vêtu d’un costume d’une extravagance démesurée, s’assied aux premières lignes du Madison Square Garden.
Walt frazier, un style qui défie les codes
Il s’agit de Walt Frazier, légende des Knicks, héros de 1970 et 1973. Bien plus qu’un simple joueur, il est devenu une institution, un observateur hors pair et, plus surprenant encore, une icône de la mode. Loin des stylistes et des défilés, Frazier a toujours cultivé un style unique, audacieux et totalement personnel.
Ses costumes, confectionnés par des tailleurs de New York, sont une véritable explosion de couleurs et de motifs. Imprimés léopard, zèbre, python, rayures écossaises, jacquards fleuris… Frazier ne recule devant aucun mariage de couleurs, créant des associations qui, à première vue, semblent déconcertantes mais qui, étrangement, fonctionnent. Le fameux blazer imprimé de motifs de vache reste, bien sûr, son pièce maîtresse.

Une obsession documentée
Son obsession a été minutieusement documentée par le site ClydesoFly.com depuis 2013, où ses tenues sont notées sur une échelle alphabétique. Frazier, lui, ne se soucie guère de ces analyses. Il s'agit pour lui avant tout d'une expression de soi, un moyen de se démarquer et d’injecter une dose de folie dans l'ambiance des Finales.
« Dishing and swishing », « stumbling and bumbling »… ses descriptions des actions sur le parquet sont aussi légendaires que ses costumes. Mais c’est son amour du vêtement, sa capacité à transformer un simple regard en une performance, qui le distingue vraiment.

Un héritage unique, une histoire new-yorkaise
L’histoire de Walt Frazier est celle d’une époque, celle des joueurs qui ne se laissaient pas styliser par des professionnels. Il a même été le premier à signer un contrat de parrainage avec Puma, donnant naissance à la célèbre chaussure « Clyde ». Son style iconique, associé à sa Rolls-Royce et à son chapeau, le surnom de « Clyde », a marqué l’histoire du basket-ball. Et, ce soir-là, à San Antonio, il portait un costume orange et bleu, inspiré des Knicks, réalisé en un temps record par la maison de tissu Beckenstein Men’s Fabric, fondée en 1919 à New York.
Une passion qui transcende les statistiques
Ce n’est pas une simple anecdote. C’est l’histoire d’un homme qui a su, au-delà des statistiques et des victoires, trouver sa propre voie, une voie décalée et fascinante. Un témoignage de l’importance de l’individualité et de la liberté d’expression, même sur le parquet d’un Madison Square Garden. Frazier, à 82 ans, continue de nous rappeler que le style, c’est avant tout une affaire de cœur.