L'ombre du jubilé : l'état d'illinois menacé par les lois électorales
Le spectre du « Jour du Jubilé » de John Roberts plane sur l’Illinois, alors que les forces conservatrices mettent à l’épreuve les lois de protection des électeurs adoptées en 2011.
Une bataille déjà ancienne, un combat nouveau
La bataille juridique qui s’annonce est le fruit direct d’une stratégie audacieuse, mais désormais prévisible. En 2011, alors que Roberts mettait en œuvre son « Jour du Jubilé », l’Illinois, fidèle à ses habitudes, a adopté sa propre loi de protection des droits électoraux. Un coup d’éclat à l’époque, une simple adaptation. Kate Riga, de Talking Points Memo, le souligne avec une certaine amertume : le « Jour du Jubilé » finit toujours par frapper à la porte de chacun.
C’est la Public Interest Legal Foundation (PILF), cette organisation connue pour ses recours visant à purger les listes électorales, qui a décidé de contester l’Illinois. Et, comme l’avait prédit l’establishment juridique, la décision de la Cour suprême dans l’affaire Callais a ouvert la voie à cette contestation.

Des lois conçues pour maintenir les minorités à leur place
« Le Voting Rights Act interdit d’appliquer des procédures électorales adoptées avec une intention raciale, ou qui entraîne un refus ou une restriction du droit de vote de tout citoyen américain en raison de sa race », déclarait la plainte. L’Illinois, selon cette plainte, impose un système de districting intentionnellement biaisé : des lignes de circonscriptions tracées pour préserver des pourcentages, des majorités et une influence raciale délibérée. Un manège constitutionnel, et une arme de destruction massive aux yeux de Roberts, qui a toujours observé cette affaire avec un intérêt particulier, comme une obsession personnelle.
Roberts, cet homme qui semble vouloir tuer le VRA en le faisant régner, insiste sur le caractère artificiel de cette approche. Les lois de l’Illinois exigent la création de circonscriptions mixtes, où les minorités ont théoriquement une chance d’élire leurs candidats préférés grâce au soutien des majorités, de circonscriptions de coalition, où plusieurs minorités votent de la même manière, et de circonscriptions d’influence, où les électeurs minoritaires n’ont pas assez de pouvoir pour élire leur candidat, mais peuvent influencer le résultat.

Une vague de procès imminente
Attendez-vous à une vague de procès similaires, ciblant les dispositions explicites de ces lois visant à protéger les minorités. Les états qui ont déjà adopté des lois de protection des droits électoraux – Michigan, New Jersey, et les huit autres qui ont tenté leur approche – devraient se préparer à une bataille acharnée. En réalité, les déclarations de droits des États, c'est du vent, une relique des Sixties. La situation est loin d'être encourageante pour l'Illinois et ses homologues. Il faut dire que Roberts a toujours eu une vision assez… particulière de la justice.