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Justice défaillante : l'état de sévere face aux violences imagerie

Cinq ans après la loi sur les menaces de divulgation d'images intimes, un constat alarmant : la justice française rate l'essentiel de la lutte contre les violences basées sur les photos.

Une victime sur deux ignorée par les forces de l'ordre

La campagne « Naked Threat », lancée en 2018 par Cosmopolitan UK en partenariat avec Refuge, a permis d'inscrire officiellement dans la loi l'illégalité des menaces de diffusion d'images intimes. Des témoignages poignants, comme celui de Natasha, dont les agresseurs utilisaient ces images pour la contrôler et l'intimider, ont contribué à faire passer cette loi. Pourtant, cinq années plus tard, les chiffres sont accablants : 21 905 infractions signalées entre juillet 2021 et février 2026, mais seulement 4,8 % de ces affaires aboutissent à une indictment, un taux qui stagne et même diminue.

Une enquête menée par Refuge auprès de 43 forces de police en Angleterre et au Pays de Galles révèle une réalité brutale. Les victimes, souvent traumatisées, se retirent de l'enquête faute de confiance dans le système, laissant les auteurs impunis. Le recul des condamnations est effrayant : de 5,8 % en 2022 à 4,5 % en 2025.

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L'envers du décor : un système en crise

Le problème ne réside pas tant dans la loi que dans sa mise en œuvre. Des policiers, selon Refuge, « minimisent la gravité de ces crimes », prônant une approche culpabilisante en disant aux victimes qu'elles « auraient dû ne pas partager les images ». Une attitude qui témoigne d'une profonde incompréhension des mécanismes du consentement et de la dynamique des violences conjugales. Les forces de l'ordre tardent à reconnaître que ces menaces sont rarement isolées, mais le symptôme d'un contrôle coercitif plus vaste.

Des pratiques dangereuses viennent également à la lumière : la saisie des appareils électroniques des victimes par les forces de l'ordre, sans s'assurer de la destruction des données sur les appareils des agresseurs, expose ces dernières à de nouvelles formes d'abus. Refuge dénonce un traitement des preuves qui met encore plus en danger les femmes.

Un appel à l

Un appel à l'action urgente

Gemma Sherrington, directrice de Refuge, souligne l'urgence d'une formation spécifique pour les forces de l'ordre. « Un accès à la justice est un droit fondamental, mais il est devenu un privilège, lié à l'endroit où vit la victime », affirme-t-elle. La priorité doit être donnée à la protection des victimes, pas à la simple collecte de preuves. Il est temps d'exiger une action concrète : une formation obligatoire et traumainformée pour tous les policiers, ainsi que des directives plus strictes de la part d'Ofcom en matière de gestion des preuves numériques. La lutte contre les violences basées sur les images intimes ne peut se limiter à une simple loi. Elle exige une transformation profonde du système judiciaire, et une réelle volonté de protéger les femmes.