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Chanel à dubaï : le luxe résiste au chaos, mais à quel prix ?

Dubaï, habituellement épicentre du luxe, fait face à une réalité inédite. Alors que la nouvelle collection de Matthieu Blazy a fait sensation dans le mall de Dubaï, des files d'attente se formaient, rappelant les semaines précédentes dans d'autres capitales de la mode. Pourtant, la ville, au cœur d'un conflit israélo-iranien qui impacte directement les Émirats arabes unis, n'est plus la même.

Le tourisme s'effondre, mais la clientèle locale se montre résiliente

L'attrait pour le luxe demeure, mais l'afflux de touristes a chuté de 50% dans les centres commerciaux comme le Dubai Mall et le Mall of the Emirates, selon un analyste. Cette baisse pèse sur un secteur qui dépendait fortement des visiteurs internationaux. Pourtant, les consommateurs locaux continuent de dépenser, un phénomène que souligne Reema Ameer, habitante de Dubaï, qui attendait plus d’une heure pour acquérir des pièces de ready-to-wear et des sacs à main Chanel, tous épuisés au moment de son arrivée.

Ce n'est pas une résilience, mais une culture. Se présenter soigné est une nécessité sociale, affirmez Vasil Bozhilov, personal shopper. Les clients fortunés ne se laissent pas influencer par l'incertitude ; leurs achats restent structurés, basés sur une évaluation des pièces comme investissements. Les sacs Hermès et Chanel, ainsi que les bijoux Cartier, Tiffany et Bvlgari, sont désormais perçus comme des valeurs refuges.

Les événements, moteurs traditionnels de la consommation, sont à l'arrêt. Faiza Bouguessa, créatrice basée à Dubaï, constatait que les commandes pour l'Eid Al-Fitr, qui a commencé le 19 mars, étaient normales. L’absence d'Art Dubai, par exemple, représente une perte significative pour les mises à jour de garde-robe.

Un nouveau souffle pour les marques : l

Un nouveau souffle pour les marques : l'importance de la proximité

Sharifa Alsharif Alhashemi, créatrice émiratie de la marque Onori, observe un retour à l'achat en magasin, tandis que les commandes en ligne restent actives. Elle souligne que l'incertitude pousse à une consommation locale accrue. Les marques de luxe devraient considérer des collaborations avec des designers locaux, qui possèdent une compréhension plus profonde des styles régionaux, au-delà de l’aspect purement esthétique.

Plus qu’une simple transaction commerciale, les consommateurs recherchent des expériences, des moments de plaisir et de distraction. Les événements communautaires, les attentions personnalisées et les expériences exclusives sont devenus des leviers essentiels pour fidéliser la clientèle. Jamal, qui travaille avec plusieurs marques de luxe, souligne l'importance de créer un sentiment de communauté, même à petite échelle.

Principalement, les clients fortunés continuent à montrer une activité d'achat soutenu, certains optant pour des itinéraires via Oman par avion privé pour assister aux Fashion Weeks parisiennes. Le luxe n'est pas une simple dépense, c'est une déclaration. Et dans un contexte de crise, cette déclaration se veut plus affirmée que jamais.

La situation à Dubaï illustre une vérité : le luxe ne s'éteint pas, il se transforme. La clientèle, en quête de stabilité et d'évasion, se tourne vers des produits et des expériences qui offrent un sentiment de normalité, de valeur et de connexion.

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